27 juin 1976 : le raid d’Entebbe qui libère les otages

Jean-serge LUBECK
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Aéroport d’Entebbe — C-130 Hercules devant la tour de contrôle (1994)

Un détournement au cœur de la guerre des organisations armées

Le 27 juin 1976, le vol 139 de Air France, en provenance de Tel-Aviv et à destination de France, est détourné par un commando composé de militants palestiniens et allemands, liés notamment au Front populaire de libération de la Palestine. Après une escale forcée en Libye, l’appareil est dirigé vers Entebbe, en Ouganda, où le régime d’Idi Amin joue un rôle d’appui logistique et politique.

À l’aéroport, les preneurs d’otages regroupent les captifs dans l’ancien terminal et posent un ultimatum : des prisonniers doivent être libérés, faute de quoi une exécution d’otages est annoncée. Les effectifs se réduisent au fil des jours, après des libérations ciblées ; 106 personnes restent finalement retenues à Entebbe, selon les bilans les plus couramment cités.

Le raid éclair de Tsahal : 102 otages libérés, une onde de choc mondiale

Dans la nuit du 3 au 4 juillet, les Forces de défense israéliennes montent une opération aéroportée à très longue distance. Des appareils de transport atterrissent à Entebbe, et un assaut est lancé contre le terminal. L’action, extrêmement brève, se conclut par la libération de 102 otages ; trois captifs meurent pendant l’opération. Le bilan humain s’alourdit ensuite : une otage, Dora Bloch, hospitalisée à Kampala, est assassinée après le raid.

Côté israélien, un seul soldat est tué : le commandant de l’assaut, Yonatan Netanyahu, frère aîné de Benyamin Netanyahou. La séquence, achevée en moins d’une heure sur le tarmac, entre immédiatement dans l’histoire militaire contemporaine.

En France, une lecture politique clivante

Si l’opération est saluée en Israël comme une démonstration de détermination, elle déclenche aussi, à l’étranger, un débat sur la souveraineté ougandaise, l’usage de la force et le risque d’escalade. En France, le quotidien Libération résume cette critique par un titre resté célèbre : « Championnat du terrorisme : Israël en tête ».

À l’adresse du conseil de sécurité, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, déclare:

« Nous avons un message simple au Conseil : nous sommes fiers de ce que nous avons fait, parce que cela démontre au monde entier que pour un petit pays, Israël en la circonstance, avec lequel les membres du Conseil de sécurité sont maintenant tous familiers, la dignité, la vie humaine et la liberté constituent les valeurs les plus élevées. Nous sommes fiers, non seulement parce que nous avons sauvé la vie d’une centaine de personnes innocentes — hommes, femmes et enfants — mais aussi parce que la signification de notre acte signifie la liberté humaine. » Chaim Herzog

sources à consulter

Raid d’Entebbe (article Wikipédia)
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