28 juin 2017 : L’ancien président de la Knesset de retour à la prison où l’hébreu lui valut la détention

Jean-serge LUBECK
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Moscou : le complexe de la prison de Boutyrka vu depuis un immeuble

Le 28 juin 2017, Yuli Edelstein, alors président de la Knesset, se rend à Moscou dans le cadre d’une visite officielle et retourne à Boutyrka, l’un des centres de détention les plus célèbres de la capitale russe. Cette étape, hautement personnelle, le ramène dans la cellule 138, où il avait été incarcéré en 1984, à l’époque soviétique, alors qu’il attendait son procès.

Une visite hautement symbolique dans la “cellule 138”

Selon les récits de cette journée, la démarche se veut un “retour sur les lieux” : Edelstein revisite des points-clés de son parcours de dissident, entre mémoire carcérale et séquence diplomatique. Dans les jours qui entourent cette visite, il s’adresse également à des responsables russes, en rappelant que l’hébreu — devenu langue officielle de l’État d’Israël — lui avait valu la prison.

1984–1987 : enseigner l’hébreu, puis la Sibérie

À l’époque, Edelstein appartient à la génération des “refuzniks” – ces Juifs d’URSS privés d’autorisation d’émigrer. Selon plusieurs récits, il est arrêté à Moscou sur la base d’une accusation de possession de drogue, présentée comme un prétexte judiciaire destiné à masquer le motif réel : la diffusion de l’hébreu et de l’idée sioniste dans un cadre non autorisé. (The Times of Israel)
À Boutyrka, il attend son jugement dans une prison réputée pour sa dureté, avant d’être condamné à une peine de travaux forcés. (European Jewish Congress).

Des sources convergentes décrivent une affaire montée sur des accusations fabriquées, sur fond de répression contre les milieux sionistes clandestins et l’enseignement de l’hébreu. Après sa détention à Moscou, il est envoyé dans des camps de travail en Sibérie, où il passe plus de deux ans.

Il est libéré en mai 1987, puis émigre vers Israël quelques semaines plus tard. Le contraste est ensuite total : de “prisonnier de Sion” dans l’Union soviétique, Edelstein devient une figure durable de la vie politique israélienne.

De l’exil au perchoir de la Knesset

Élu président de la Knesset en 2013, il occupe la fonction jusqu’en 2020. Sa visite du 28 juin 2017 à Boutyrka s’inscrit, dès lors, comme une scène de bascule : un même homme revient, en responsable institutionnel, dans un lieu où il avait été enfermé pour avoir transmis une langue et une identité.

Son voyage à Moscou ne se résume pas à un geste mémoriel. Il s’inscrit dans une séquence officielle au cours de laquelle Edelstein intervient également devant la chambre haute du parlement russe (Conseil de la Fédération), prenant la parole en hébreu et en russe, dans un retournement de situation revendiqué comme une “fermeture de boucle” personnelle. (The Jewish Chronicle)

sources à consulter

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