Une attaque au petit matin, un soldat emmené à Gaza
Le 25 juin 2006, un commando palestinien infiltre le sud d’Israël via un tunnel et attaque un poste de l’armée près du point de passage de Kerem Shalom. Deux soldats israéliens sont tués et plusieurs sont blessés ; Gilad Shalit, touché lors de l’assaut, est capturé puis emmené dans la Bande de Gaza, où il est détenu dans un lieu tenu secret.
La revendication est attribuée à une coalition de groupes armés incluant les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, les Comités de résistance populaire et l’Armée de l’Islam. Dès les premières communications publiques, les ravisseurs lient la vie de l’otage à une libération massive de prisonniers palestiniens détenus en Israël — un chiffre d’environ « mille » est fréquemment avancé dans l’espace médiatique, même si les exigences évoluent au fil des années de négociation.
La riposte israélienne et l’opération « Pluies d’été »
À Jérusalem, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ehud Olmert annonce une réponse militaire. Dans la nuit du 27 au 28 juin 2006, Israël lance l’Opération Pluies d’été (codename « Summer Rains »), officiellement destinée à obtenir la libération de Shalit et à réduire les tirs de roquettes depuis Gaza. (Organisation des Nations Unies)
Le dispositif combine frappes aériennes, incursions terrestres et pressions sur les infrastructures. Les autorités israéliennes décrivent notamment des entrées de forces dans le sud de Gaza et des bombardements de cibles jugées stratégiques pour empêcher un transfert de l’otage.
Mais, malgré l’ampleur de l’opération et les semaines de tension qu’elle ouvre, Gilad Shalit n’est pas retrouvé. La crise s’installe, rythmée par des phases de médiation, des discussions avortées et la raréfaction des preuves de vie.
Cinq ans de captivité, puis l’échange de 2011
La libération n’intervient qu’à l’automne 2011. Le 18 octobre, Gilad Shalit est transféré via l’Égypte puis remis à Israël, dans le cadre d’un accord négocié avec Hamas. L’échange prévoit, au total, la libération de 1 027 prisonniers palestiniens en contrepartie du soldat israélien — un chiffre devenu central dans le débat israélien sur le prix des échanges d’otages.
Au-delà du cas individuel, l’affaire Shalit marque durablement la doctrine sécuritaire et l’opinion publique : elle cristallise à la fois l’impératif national de ramener les captifs et les controverses sur les conséquences politiques et sécuritaires d’échanges à grande échelle.

