Philippe Bouvard avait fait du mot d’esprit une véritable spécialité. Journaliste, chroniqueur, écrivain et animateur des « Grosses Têtes », il aimait les formules courtes, les paradoxes et les observations mordantes sur la politique, l’argent, le vieillissement, la société ou encore les petits travers de la vie quotidienne.
Voici une sélection de bons mots attribués à Philippe Bouvard, accompagnés, lorsque la référence est disponible, du livre dans lequel ils apparaissent.
« Il n’existe pas de bonheur complet sans amnésie partielle. » Journal 1997-2000, Le Cherche Midi, 2000, p. 13.
« La femme idéale : celle qui laisse à l’homme le dernier mot en sachant qu’elle pourrait en ajouter encore un autre. » Journal 1997-2000.
« En politique la durée de la traversée du désert est laissée à l’initiative des chameaux. » Journal 1997-2000, Le Cherche Midi, 2000, p. 220.
« La culture est bête : elle s’approprie l’intelligence des autres et elle rend inutile l’improvisation. » Journal 1997-2000.
« La malignité : cette intelligence de ceux à qui on ne veut pas en reconnaître. » Journal 1997-2000, p. 62.
« La démocratie, c’est la moitié des cons plus un. » Bouvard de A à Z, 2014.
« Nous sommes tous sur la même barque, promis au même naufrage et il n’y aura aucun survivant. » Bouvard de A à Z, 2014.
« Il n’y a que l’argent qui aide à oublier qu’on n’est pas riche. » Mille et une pensées, 2005.
« Le crédit, c’est la possibilité donnée aux acheteurs impécunieux de payer leur appartement 20 % plus cher que les riches. » Maximes au minimum.
« Le fraudeur fiscal est un contribuable qui s’obstine à vouloir garder un peu d’argent pour son propre usage. » Bouvard de A à Z, 2014.
Derrière l’humoriste et l’homme de radio se cache une enfance marquée par la guerre, ses origines juives et la déportation de membres de sa famille. Découvrez son histoire méconnue. cliquez ici
« Le vin d’honneur de la retraite : véritable crémation sociale à l’issue de laquelle l’exécuté rentre chez lui avec la canne à pêche, symbole d’une nouvelle vie et d’une mort prochaine. » Source : Journal 1992-1996.
« Le refus de la vieillesse et de ses atteintes passe par deux constatations subjectives : les gens parlent de moins en moins distinctement, les escaliers ont des marches de plus en plus hautes. » Source : Journal 1992-1996.
« Ce qu’il y a de plus terrible dans la mort, c’est de ne pas pouvoir aller à ses rendez-vous du lendemain. » Source : Maximes au minimum.
« La modestie est un abus de confiance si elle dissimule un vrai talent ou une erreur stratégique si elle avoue de réelles faiblesses. » Source : Journal 1992-1996.
« Les cocus sont des hommes de goût puisque leur femme plaît aux autres. » Bouvard de A à Z, 2014.
« La dignité de la personne humaine : dans cette locution et les idées qui l’accompagnent, il entre davantage de vanité d’espèce que d’authentique humanité. » Journal 1997-2000, p. 51.
« Quand un homme politique reconnaît publiquement une erreur, ce n’est jamais par remords mais parce que la franchise lui semble – tardivement et momentanément – le moindre mal. » Journal 1992-1996, p. 226
Pourquoi les bons mots de Philippe Bouvard ont-ils autant marqué ?
Le style de Bouvard repose souvent sur un mécanisme très simple : partir d’une observation banale et lui faire subir un retournement inattendu.
La politique, l’argent, le mariage, la vieillesse ou la mort deviennent ainsi des terrains de jeu pour son humour. Mais derrière la plaisanterie, ses formules contiennent souvent une véritable observation sur la société.
C’est particulièrement visible dans ses journaux et ses recueils de pensées, où il accumule les aphorismes et les formules courtes.
Son humour fonctionne alors comme une petite machine à démonter les évidences : une phrase commence comme une banalité et se termine par une conclusion qui oblige le lecteur à regarder le sujet autrement.
Philippe Bouvard n’était pas seulement un animateur de radio. Ses livres montrent un véritable travail d’aphoriste : il observait la société, ses contradictions et ses petits ridicules pour les transformer en formules souvent très courtes.

