Tzimtzoum

Jean-serge LUBECK
2 Min Read
« Back to Glossary Index

Le tzimtzoum (צמצום, « contraction » ou « retrait ») est le concept fondateur de la Kabbale lurianique, élaboré par Isaac Luria (l’Ari) au XVIe siècle à Safed. Avant la création, l’Ein Sof (l’Infini) remplit tout de sa lumière indivisible. Pour permettre l’existence d’un monde fini et distinct de Lui, Dieu opère un acte paradoxal : Il se retire, se contracte en Lui-même, créant un « espace vide » (ḥalal panouï ou tehirou). Ce retrait n’est pas une absence réelle de Dieu, mais un voilement ou une autolimitation de Sa présence infinie, afin que quelque chose d’autre puisse exister. Dans cet espace vide est ensuite projetée une ligne de lumière divine (kav), qui va structurer les mondes.

Le tzimtzoum rend ainsi possible la multiplicité, le temps, l’espace et la liberté humaine. Il explique comment l’Infini peut coexister avec le fini sans le détruire. Les kabbalistes insistent souvent sur le fait que ce retrait n’est pas littéral (tzimtzoum shelo kepshuto) : Dieu reste omniprésent, mais Se cache pour laisser place à la création. Ce geste d’amour divin inaugure le drame cosmique qui se poursuit avec la brisure des vases (shevirat ha-kelim) et la réparation (tikkoun).

Le tzimtzoum transforme la théologie juive : Dieu n’est plus seulement le Tout-Puissant qui crée par un simple fiat, mais Celui qui s’efface volontairement pour que l’homme puisse exister et devenir Son partenaire dans la réparation du monde.

« Back to Glossary Index
Share This Article