Shekhina

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La Shekhina (ou Shekina, שְׁכִינָה) désigne, dans le judaïsme, la présence divine immanente de Dieu dans le monde. Le terme vient de la racine hébraïque שכן (« habiter », « résider ») et évoque l’idée que Dieu « demeure » parmi les hommes, sans perdre sa transcendance.

Dans la Bible et la littérature rabbinique ancienne (Talmud, Midrash, Targums), la Shekhina apparaît comme la manifestation perceptible de Dieu : la nuée qui remplit le Tabernacle, la gloire divine dans le Temple de Jérusalem, ou la présence qui accompagne le peuple d’Israël pendant l’Exode. Les rabbins l’utilisent souvent pour éviter un anthropomorphisme trop direct : là où le texte biblique dit « Dieu descendit », ils parlent de la Shekhina qui « repose » sur le peuple ou dans le sanctuaire. Elle est présente partout où des hommes étudient la Torah ensemble ou accomplissent des actes de justice. C’est surtout dans la Kabbale, à partir du XIIe-XIIIe siècle et surtout dans le Zohar, que la Shekhina prend une dimension pleinement féminine. Identifiée à la dixième Séphira (Malkhout, le Royaume), elle devient l’aspect réceptif, maternel et compassionnel de la divinité. Le Zohar la décrit comme l’Épouse, la Fiancée, la Mère inférieure ou la « Congrégation d’Israël ».

Elle est l’intermédiaire entre le monde divin et le monde créé, celle qui reçoit l’influx des Séphiroth supérieures et le transmet vers le bas.Selon la tradition kabbalistique, la destruction du Temple a provoqué l’exil de la Shekhina. Elle accompagne Israël dans la diaspora et souffre avec lui. La réparation du monde (tikkoun) passe par l’union mystique entre le Saint Béni soit-Il (aspect transcendant masculin) et sa Shekhina. Cette union est célébrée notamment le soir du Shabbat, quand la « Fiancée du Shabbat » est accueillie. La Shekhina incarne ainsi l’idée que le divin n’est pas seulement lointain et jugeant, mais proche, protecteur et souffrant avec l’humanité. Elle offre une image féminine de la présence divine, valorisée aujourd’hui par de nombreuses penseuses juives féministes.

Dans la pratique, sentir la Shekhina, c’est percevoir que Dieu « habite » au milieu de nous, dans les actes quotidiens de sainteté.

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