Le Choulhan Aroukh (« Table dressée ») est l’un des ouvrages les plus importants de la halakha, c’est-à-dire du droit juif. Rédigé au XVIe siècle par Rabbi Yossef Karo, installé à Safed, il vise à présenter de manière claire, brève et pratique les règles essentielles de la vie juive. Son ambition est considérable : offrir un code accessible, ordonné et fiable, à partir des grandes sources talmudiques et des décisionnaires médiévaux.
L’ouvrage est structuré en quatre parties. Ora’h Haïm traite de la prière, du Chabbat et des fêtes ; Yoré Déa aborde notamment la cacherout, le deuil et divers interdits ; Even HaEzer concerne le mariage, le divorce et le droit familial ; Hochen Michpat rassemble les lois civiles, commerciales et judiciaires. Cette organisation a façonné l’étude halakhique jusqu’à aujourd’hui.
Les gloses du Rema sont les remarques ajoutées par Rabbi Moché Isserlès, grand rabbin de Cracovie au XVIe siècle (souvent appelé simplement le Rema) ont complété l’ouvrage pour intégrer les usages ashkénazes, là où Rabbi Yossef Karo reflétait surtout la tradition sépharade. Lorsque Rabbi Yossef Karo rédige son code, il s’appuie surtout sur les grands décisionnaires de tradition sépharade. Son ouvrage est donc extrêmement important, mais il ne reflète pas toujours les usages suivis dans les communautés ashkénazes d’Europe centrale et orientale.
C’est pour cela que le Rema intervient. Il ne réécrit pas tout le livre : il ajoute, à l’intérieur même du texte, de courtes annotations pour signaler les cas où la pratique ashkénaze diffère. En d’autres termes, il dit au lecteur : voici la règle formulée par Rabbi Yossef Karo, mais dans telle ou telle communauté, on suit plutôt cet autre usage.
Ces gloses ont eu une importance décisive. Elles ont permis au Choulhan Aroukh d’être accepté bien au-delà du monde sépharade, parce que les juifs ashkénazes pouvaient eux aussi s’y reconnaître. C’est ainsi que l’ouvrage est devenu une référence commune, tout en conservant les nuances entre traditions.
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