Le Zohar (זֹהַר, « Splendeur ») est l’œuvre fondamentale et la plus célèbre de la Kabbale juive. Ce vaste commentaire mystique sur la Torah se présente sous la forme d’un recueil de discussions entre Rabbi Siméon bar Yochaï et ses disciples au IIe siècle, même si les historiens s’accordent aujourd’hui pour dater sa rédaction principale de la fin du XIIIe siècle en Espagne, sous la plume de Moïse de León et de son cercle. Écrit en araméen, dans un style à la fois poétique et énigmatique, le Zohar explore les sens cachés de l’Écriture. Il développe une cosmologie complexe centrée sur les dix Séphiroth, les dynamiques entre les aspects masculin et féminin de la divinité, l’exil de la Shekhina, la chute des âmes et leur remontée. Chaque verset de la Torah y devient le support d’une lecture symbolique profonde qui révèle les secrets de la création, du mal, de la rédemption et de l’union divine. Le Zohar ne se contente pas d’expliquer : il raconte, il médite, il élève. Il décrit Dieu non comme une entité lointaine, mais comme une réalité vivante, souffrante et en quête d’unification. L’un des thèmes récurrents est le Yichoud : l’union mystique entre le Saint Béni soit-Il et Sa Shekhina, que l’homme peut favoriser par la prière, l’étude et les actes de sainteté. Diffusé d’abord clandestinement, puis imprimé au XVIe siècle, le Zohar a exercé une influence considérable sur le judaïsme.
Il a préparé le terrain à la Kabbale lurianique et au hassidisme. Aujourd’hui encore, il reste un texte vivant, étudié dans les yeshivot kabbalistiques et lu comme une source inépuisable de sagesse spirituelle.
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